Les enfants du hasard vu par…

Ce documentaire nous emmène en Belgique, en Wallonie et plus précisément dans une petite ville nommée Cheratte. Ancienne cité minière de charbonnage, Cheratte a vu au fil du temps arriver de nombreuses familles d’immigrés notamment grâce au travail, très dangereux certes, mais que pouvait offrir le « Charbonnage du Hasard ».
Pendant un an, les équipes du film vont suivre une classe d’enfants, allant de 6 à 12 ans, la majorité ayant pour religion l’Islam.
A la fois attachant et émouvant, ce documentaire recueille au fil des minutes les pensées et avis des différents écoliers sur certains faits de sociétés ou d’actualité. Allant du port du voile, ou des attentats qui ont frappé la capitale belge à leurs projets futurs, les sujets abordés sont variés et tout aussi intéressants les uns que les autres.
On aurait toutefois peut-être aimé entendre l’institutrice seule. De plus sa façon d’enseigner peut être discutable, même si elle est attachante, et les élèves ont plutôt l’air de s’ennuyer pendant les cours.
Cela n’enlève en rien la qualité du projet. L’avis sur les sujets sociaux de cette génération est très riche et parvient parfois même à nous faire cogiter personnellement. J’ai personnellement été touché et marqué par ce documentaire rendant un bel hommage à cette magnifique région cosmopolite et prônant un message plein d’espoir pour le futur.

Maxime Tardio.

Fiertés vu par…

 Cette série en trois épisodes retrace l’histoire de quelques personnes à des époques différentes de leur vie. Elle retrace l’évolution de la société par rapport à l’homosexualité et son acceptation. Et elle a su viser juste sans pour autant en faire trop et tomber dans le cliché. Cette forme en trois moments de vie est très intéressante car elle permet de nous attacher aux personnages et de mieux les comprendre. Ni trop, ni pas assez, l’histoire est douce mais fait passer des messages forts. C’est avant tout l’histoire d’un couple, d’une famille, mais aussi l’histoire de la société elle-même qui est retracée.
Même si le scénario n’est pas tout le temps dans la délicatesse et que certaines choses sont présentées de manière assez abruptes, c’est une belle démonstration d’évolution familiale et d’évolution de la pensée. C’est à la fois un questionnement sur la tolérance et sur l’acceptation familiale, sur la « difficulté à être fier ».
Je recommande de regarder ces quelques épisodes qui passeront sur ARTE dans le courant de l’année.

Charlène Ciprien.

Lady You Shot Me – Life And Death Of Sam Cooke vu par…

Le documentaire réalisé par David Czarnetzki retrace la vie et surtout l’affaire du meurtre de Sam Cooke, un des chanteurs, compositeurs et interprètes de la musique soul les plus importants des années 1960.
Le contenu informatif du documentaire reste intéressant et plutôt recherché, mais la mise en forme maladroite des faits ainsi que des témoignages donnés par les proches du musicien, ajoutée à une structure répétitive, dramatisante et impudique, effacent tout l’intérêt porté à Sam Cook et à la musique soul de l’époque. Cette mise en forme catastrophique frôle l’irrespect de la musique, en la coupant à tout bout de champ, et en la répétant sans aucune ligne narrative. Ce qui génère un remplissage irréfléchi du film et de ses images qui sont d’ailleurs tout aussi bien placées et répétées que la musique. Aussi, ce même remplissage écrase la sensibilité qui pourrait se dégager du contenu.

Maxime Lejonc.

690 Vopnafjördur vu par…

Vopnafjördur est un petit village islandais de moins de 700 habitants, perdu, loin de tout, où l’exode rural est une menace constante. L’industrie poissonnière est quasiment la seule source d’emploi dans la région, mais ne fonctionne que quelques mois dans l’année. Les jeunes se font alors de plus en plus rares. Les habitants vivent entre solidarité et tensions, avec la peur de donner leur avis lorsqu’il est différent de la majorité.
Une photographie exceptionnelle, des plans de paysages à perte de vue. Une bande son intelligente, avec l’utilisation d’un silence traduisant l’exode, le manque de vie humaine ou encore d’un silence dans lequel se réfugient les habitants par peur de parler. Je recommande ce film pour l’histoire qu’il raconte et sa réalisation réussie.

Julien Bacquart.

Lady You shot me – Life and death of Sam Cooke vu par…

Un montage à la hache, une trame narrative vidée de son sens par le martèlement d’une voix de commentaire suffocante : il n’en a pas fallu plus pour desservir une légende vivante du chant soul des années 1960. A travers le spectre d’un enquête sur les circonstances de l’assassinat de Samuel Cooke, le documentaire propose ici de retracer partiellement les débuts de carrière de l’artiste. La mise en forme est bien maladroite face au sujet qu’elle se doit de servir : les titres présents dans la bande sonore sont constamment coupés par une voix off transpirant le sensationnalisme, les plans de coupe redondants utilisés entre les interviews vident le peu de sens que les témoignages nous offrent. Outre les quelques images d’archives du compositeur sur scène, le documentaire semble, petit à petit, s’enfoncer dans un registre d’enquête criminelle sur un fond tambour battant qui n’est pas sans rappeler les incalculables objets audiovisuels trop souvent formatés avec la même recette. En bref, une déception qui a pour mérite de mieux appréhender ce que l’on ne souhaite pas reproduire dans le futur.

Bastien Fauché.

The child in time vu par…

The child in time est un film réalisé par Julian Farino qui relate un drame familial. Stephen Lewis ( interprété par Benedict Cumberbatch ) perd sa fille de quatre ans dans un supermarché. The child in time dissèque la manière dont la perte d’un enfant peut détruire une vie et comment réapprendre à vivre avec ce poids du passé.

Tout au long du film une ambiance pesante est présente, jonglant tour à tour entre moments sourds et bruyants, reflets de la psychologie de Stephen. Sourds pour l’abattement dû à la perte de sa fille; bruyants pour la confusion, le désarroi, la tempête qu’elle a engendré dans sa vie, sur fond de piano, présence perpétuelle qui marque la réalité de l’absence de sa femme.

The child in time est une belle leçon d’humanité, une belle réflexion sur l’enfance et les relations humaines.

Charline Carbain.